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Comment traite-t-on une douleur chronique ?

Le traitement de la douleur chronique repose sur un trépied à 3 pieds indissociables : médicaments (chimie), techniques interventionnelles (physique) et traitements psycho-corporels (mental). Aucun seul outil ne suffit — c'est leur association qui rend le projet thérapeutique stable et efficace. Ce projet, issu de la vision du thérapeute, se co-construit avec le patient autour d'un objectif partagé : c'est ce qu'on appelle la boîte à outils thérapeutique.

1 — Pourquoi un trépied et pas un seul outil ?

Alors que la douleur aiguë est un symptôme (sensation) qui cède régulièrement au traitement de la cause qui l'a générée, la douleur chronique est une maladie (souffrance) aux nombreux déterminants, physiques comme psychologiques. La douleur elle-même est une expérience personnelle d'une incroyable complexité — il est donc logique que le traitement tente de se rapprocher de cette complexité.

Le traitement multimodal repose donc sur un trépied qui constitue le fondement du projet thérapeutique : médicaments, techniques, traitements psycho-corporels.

Le trépied thérapeutique : médicaments, techniques et psycho-corporels — base stable du projet thérapeutique co-construit entre patient et thérapeute — Dr Philippe Rault
Le projet thérapeutique — issu de la vision du thérapeute et de l'objectif partagé avec le patient, il repose sur les 3 pieds du trépied. La longue-vue symbolise l'ajustement précis vers une cible : évaluation, adaptation, co-construction.
© Dr Philippe Rault, 2026.

1 Les médicaments (chimie)

Les médicaments sont une partie importante de l'offre de traitement. Cependant, force est de constater qu'une partie des patients y répond mal ou insuffisamment. De plus, émerge régulièrement une demande de stopper les traitements médicamenteux, allant dans le sens d'une quête du naturel de plus en plus prégnante dans notre société.

Donc les médicaments : oui, mais à leur juste place.

Pour aller plus loin : antalgiques antinociceptifs, anti-hyperalgésiants, antidépresseurs antalgiques.

2 Les techniques (physique)

Qu'elles soient chirurgicales ou non, ces techniques sont indispensables et doivent être associées aux médicaments :

3 Les traitements psycho-corporels (mental)

3.1 — Tropisme psychologique

Toute technique de psychothérapie qui va agir sur la part émotionnelle, cognitive et souvent comportementale liée à une douleur qui dure. Une douleur qui persiste bouleverse la vie personnelle, familiale, professionnelle et sociale ; ces facteurs psychologiques aggravent à leur tour le ressenti douloureux — un cercle qu'il faut savoir interrompre.

Voir : communication thérapeutique, hypnose, EMDR, TCC.

3.2 — Tropisme physique

Toutes les techniques de kinésithérapie, d'ostéopathie, d'activité physique, avec deux objectifs : la récupération fonctionnelle d'une articulation ankylosée et, plus souvent, aider le patient à récupérer de la kinésiophobie qui s'installe sournoisement dans un corps qui souffre.

2 — Le projet thérapeutique : une co-construction

Le projet thérapeutique est issu de la vision du thérapeute sur la problématique de son patient. À partir de là, thérapeute et patient travaillent dans un objectif partagé qui assure la cohésion d'équipe — c'est le ciment de la thérapie.

Le projet thérapeutique repose sur le trépied — gage de stabilité : médicaments (chimie), techniques (physique), traitements psycho-corporels (mental).

Sur cette base stable, patient et thérapeutes co-construisent le projet et mettent en place une boîte à outils thérapeutique.

Aucun pied seul ne soutient le trépied.
C'est leur association qui rend le projet thérapeutique stable et efficace.