Définition IASP
Initialement décrite par Verneuil en 1836 et issue du grec stoma (bouche) et odyne (douleur), cette pathologie était alors décrite comme psychogène. Elle est aujourd'hui reconnue comme une entité clinique à part entière — source importante d'errance diagnostique avec en moyenne 2 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic.
Définition IASP (International Association for the Study of Pain) : sensation de douleur brûlante au niveau de la langue ou de toute autre muqueuse orale, d'une durée supérieure à 4 mois, dans le cadre d'examens cliniques et biologiques normaux.
Deux types à distinguer
- Primaire — examen clinique normal (Burning Mouth Syndrome)
- Secondaire — examen clinique anormal, avec lésion identifiable
Prévalence
- Sex-ratio : 7 femmes pour 1 homme
- 0,6 à 15 % de la population générale
- 12 à 18 % chez les femmes ménopausées
- Apparition avant 30 ans : exceptionnelle
Clinique & symptômes
Symptomatologie à type de brûlures, de la simple gêne jusqu'aux douleurs intenses. Principalement localisées au niveau de la langue, mais toute la cavité buccale peut être atteinte. L'examen clinique ne retrouve aucune lésion identifiable — c'est le critère diagnostique principal.
- Dysgueusie — altération du goût, principalement pour les aliments acides ou pimentés
- Xérostomie — sensation de sécheresse buccale
- Examen de la muqueuse linguale normal, aucun trouble observable de la sécrétion salivaire
Rythmicité — signe-clé
La rythmicité — empreinte diagnostique
La rythmicité des douleurs est spécifique et diagnostique — elle distingue la stomatodynie primaire des formes secondaires :
- Matin — variable, souvent modérée
- Repas — diminue ou disparaît pendant les repas
- Soir — se majore en fin de journée
- Nuit — cesse à l'endormissement, ne réveille pas
Ce profil temporel suffit souvent à orienter le diagnostic devant un examen clinique normal.
Aggravées par les aliments chauds, épicés et acides.
Physiopathologie
Ces douleurs résultent d'une altération de la nociception sans altération des fibres sensitives périphériques ou centrales — on parle donc de douleur nociplastique.
Il existe une rupture de l'équilibre entre les mécanismes facilitateurs et inhibiteurs de la douleur. La présence d'une hyperalgésie au chaud suggère un mécanisme facilitateur prépondérant.
Diagnostics différentiels — éliminer une stomatodynie secondaire
- Glossite exfoliatrice marginée (langue géographique)
- Candidose chronique — langue rouge et dépapillée
- Lichen plan buccal — plaques blanches linguales
- Syndrome de Gougerot-Sjögren — atteinte des glandes salivaires
Traitements
Traitements topiques
- Anesthésiques locaux
- Capsaïcine topique
- Clonazépam (bain de bouche)
- Substituts salivaires (en cas de xérostomie)
Traitements systémiques
- Antidépresseurs
- Antiépileptiques
- Photobiomodulation
- rTMS
- Thérapie cognitivo-comportementale
Sources : Stomatodynies primaires et secondaires (ScienceDirect) — Prise en charge actuelle des stomatodynies (Thèse DUMAS).