Définition — Types 1 et 2
Le SDRC de type 1 (ex algoneurodystrophie) est un syndrome douloureux articulaire et péri-articulaire :
- Dont la sévérité est indépendante du traumatisme initial
- Évoluant typiquement en une phase aiguë douloureuse puis une phase dystrophique secondaire
- Sans signe biologique d'inflammation
- Nécessitant un traitement précoce, associant rééducation fonctionnelle et traitements médicamenteux
Le SDRC de type 2 survient après une lésion nerveuse identifiable.
Étiologies
- Traumatisme violent (fracture, luxation) ou minime (entorse, contusion)
- Immobilisation prolongée
- Post-chirurgical — chirurgie du canal carpien, du genou
- Affections neurologiques centrales (hémiplégie vasculaire ou tumorale) ou périphériques (Guillain-Barré, neuropathies)
- Au troisième trimestre de la grossesse — le plus souvent au niveau de la hanche
Phases cliniques
- Impotence douloureuse
- Œdème diffus prenant le godet
- Peau chaude, érythrosique, hypersudation, dépilation
- Enraidissement articulaire progressif
- Biologie normale
- Radiologie : raréfaction osseuse hétérogène, mouchetée
- IRM : hyperhémie des parties molles et osseuses
- Régression de l'œdème
- Accentuation des troubles trophiques
- Douleurs à caractère neuropathique — DN4
- Peau pâle, lisse, amincie, dépilation
- Griffe en demi-flexion irréductible des doigts
- Flexion palmaire du poignet (signe de la main)
Diagnostic — Critères de Budapest
Le diagnostic repose sur les Critères de Budapest — association de symptômes cliniques dans plusieurs catégories (douleur continue, allodynie/hyperalgésie, œdème/sudation, troubles trophiques, troubles moteurs) sans autre cause identifiée.
La biologie est normale dans le SDRC — c'est un critère diagnostique important. L'absence de syndrome inflammatoire biologique oriente vers le diagnostic.
Scintigraphie 3 temps
Une hyperfixation précoce ou aux 3 temps est évocatrice de SDRC :
Traitement
Similitudes avec le traitement des douleurs neuropathiques.
Thérapie en miroir
La thérapie en miroir consiste à placer un miroir entre les deux membres du patient, de sorte que le reflet du membre sain donne l'illusion de mouvement du membre douloureux. En trompant le cerveau sur la perception du corps, cette technique permet de réduire la sensibilisation centrale et la douleur. Elle est particulièrement utilisée dans le SDRC et la douleur fantôme, seule ou associée au TENS (étude Baglione).
Recommandations SFETD — Congrès de Lille 2019
Diagnostics différentiels
- Pathologies rhumatologiques (arthrite, polyarthrite)
- Séquelle d'entorse, fracture de fatigue
- Scintigraphie fixante — goutte, rhumatisme psoriasique
- Néoplasie, syndrome paranéoplasique