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Pathologie

Lombalgies

De la lombalgie aiguë à la lombalgie chronique — diagnostic différentiel, signaux d'alarme et prise en charge multimodale.

Dr Ph. Rault
5 min de lecture
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Définition

La lombalgie est une douleur de la région lombaire n'irradiant pas au-delà du pli fessier. La lombosciatique est une douleur lombaire avec une irradiation distale dans le membre inférieur de topographie radiculaire L5 ou S1. On parle de lombalgie chronique au-delà de 3 mois d'évolution.

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Focus — Lombalgie commune

La lombalgie chronique est le plus souvent non spécifique, d'origine mécanique. Trois tableaux cliniques principaux à distinguer :

🟢 Mécanique (la plus fréquente)

Augmentée à l'effort, soulagée par le repos, sans signes généraux. Causes : discopathie, arthrose facettaire, troubles sacro-iliaques, syndrome myofascial.

🔵 Radiculaire

Douleur irradiée, paresthésies ou déficit neurologique. Causes : hernie discale, canal lombaire étroit, spondylolisthésis.

🟡 Inflammatoire

Douleur nocturne, raideur matinale prolongée, améliorée à l'activité. Exemple typique : spondylarthrite ankylosante. À évoquer systématiquement si ces signes sont présents.

Causes fréquentes

Discopathie
Arthrose facettaire
Troubles sacro-iliaques
Syndrome myofascial
Hernie discale
Canal lombaire étroit
Spondylolisthésis
Facteurs psychosociaux

Intégrer systématiquement les facteurs psychosociaux dans la chronicisation : anxiété, comportements d'évitement, contexte professionnel difficile. Ils jouent un rôle majeur dans le passage à la chronicité et doivent être explorés dès la prise en charge.

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Signaux d'alarme — Causes secondaires

Toujours éliminer une cause secondaire grave avant de conclure à une lombalgie commune :

Fièvre inexpliquée
Amaigrissement inexpliqué
Antécédent de cancer
Déficit neurologique sévère ou progressif
Syndrome de la queue de cheval (signes sphinctériens, hypoesthésie périnéale)
Traumatisme, prise de corticoïdes, âge > 70 ans → éliminer une fracture
⚠ Urgences diagnostiques

Sciatique hyperalgique — douleur résistant aux opiacés.

Sciatique paralysante — déficit moteur ou progression du déficit.

Syndrome de la queue de cheval — incontinence/rétention, hypoesthésie périnéale.

04

Lombalgie aiguë — Évaluation

Imagerie

En dehors des cadres d'alarme, pas d'examen d'imagerie dans les 7 premières semaines. L'absence d'évolution favorable raccourcit ce délai. L'IRM ou le scanner ne sont indiqués qu'en bilan pré-thérapeutique (chirurgie ou nucléolyse), après au moins 4 à 8 semaines d'évolution.

Traitements à la phase aiguë

  • Poursuite des activités ordinaires compatibles
  • Antalgiques de niveau I ou II (niveau III non indiqués sauf exception)
  • Manipulations rachidiennes : intérêt à court terme — pas d'indication pour les lombosciatiques aiguës
  • Kinésithérapie antalgique
  • Infiltrations épidurales si indication — pas d'argument pour infiltration intradurale ni articulaire
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Lombalgie chronique — Traitement

Traitement de la douleur

  • Limiter la iatrogénie — benzodiazépines, somnifères, morphiniques III à éviter en règle générale
  • Antalgiques niveau I ou II
  • Myorelaxants, balnéothérapie, TENS, acupuncture
  • Infiltrations articulaires de corticoïdes, manipulations
  • Antidépresseurs tricycliques
  • Pratiquement pas d'indication de la chirurgie
  • Restauration de la fonction +++

Exercice physique

Fortement recommandé précocement, seul ou avec un kinésithérapeute, ou dans un programme pluridisciplinaire en Centre de Rééducation.

Accompagnement psychologique

Évaluation du retentissement social et familial. Traitement d'une anxiété, dépression, troubles du sommeil. Les thérapies comportementales sont bénéfiques sur l'intensité de la douleur et l'apprentissage du contrôle de la douleur.

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Réinsertion professionnelle

En lien avec le médecin du travail — la reprise du travail doit être adaptée et précoce :

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Mi-temps thérapeutique
🔧
Adaptation du poste
🔄
Reconversion professionnelle