Frontiers in Physiology, 21 septembre 2011 · Vol. 2 · Section Clinical and Translational Physiology.
IRIS Group UMR 8194 CNRS · Hôpital Européen G. Pompidou, Paris · Université Paris V
doi.org/10.3389/fphys.2011.00064 →
Ce texte examine les effets des piercings faciaux sur la santé, en se concentrant sur les problèmes moteurs et posturaux. À travers une étude de cas réalisée sur quatre jeunes adultes, les chercheurs ont observé que les piercings faciaux pouvaient perturber les signaux somatosensoriels transmis par le nerf trijumeau, affectant le contrôle postural, l'alignement des yeux et pouvant entraîner des douleurs chroniques dorsales.
Contexte & hypothèse
Les piercings peuvent entraîner des complications connues : infections, allergies, maux de tête, problèmes cutanés, cartilagineux et dentaires. Les chercheurs ont voulu examiner des effets secondaires moins documentés — les troubles posturaux et la douleur chronique.
Leur hypothèse : les bijoux faciaux perturbent les signaux sensoriels du nerf trijumeau, interférant avec les processus d'intégration centrale — notamment dans le cervelet et le noyau vestibulaire, zones impliquées dans la posture et l'alignement oculaire.
Méthodologie
Quatre sujets portant des piercings au visage (sourcil, tragus, lèvre supérieure, nez), souffrant de douleurs dorsales chroniques non spécifiques associées à des étourdissements, maux de tête ou fatigue oculaire. Aucun ne portait de lunettes, ce qui exclut les effets prismatiques.
Les douleurs ont été mesurées par EVA. La stabilité posturale a été évaluée par des mesures du centre de pression (CoP) via une plateforme de force. Tests effectués avec et sans bijoux, yeux ouverts et fermés, et parfois avec un prisme annulant l'hétérophorie verticale.
Résultats
Dans un cas, le sujet a temporairement remis ses bijoux — dégradation immédiate de la stabilité posturale. Après nouveau retrait, amélioration retrouvée.
Discussion & implications
Au-delà des complications locales, les chercheurs ont observé des troubles du contrôle moteur, des douleurs corporelles et des désalignements oculaires — mettant en lumière l'importance des signaux somatosensoriels du trijumeau dans le maintien de la posture.
Les auteurs appellent à des études épidémiologiques et longitudinales pour confirmer ces résultats à plus grande échelle et formuler des recommandations de santé publique.