Pathologies
Douleur Chronique
Dr. Ph. Rault - 2013.2026
Neuropathie diabétique
26.02.2026 - Dr RAULT
1. Qu'est-ce que c’est la neuropathie diabétique ?
Le diabète, c'est trop de sucre dans le sang pendant trop longtemps. Ce sucre en excès détériore progressivement les nerfs, jusqu'à altérer leur capacité à transmettre les informations. C'est ce qu'on appelle la neuropathie diabétique. Elle touche aussi bien les diabétiques de type 1 que de type 2, et concerne deux parties du système nerveux :
- Le système nerveux périphérique qui gère la sensibilité et les mouvements des membres
- Le système nerveux autonome qui contrôle le fonctionnement silencieux des organes internes (cœur, vessie, intestins…)
Certains facteurs aggravent le risque : tabagisme, obésité, hypertension, excès de cholestérol, et surtout un diabète mal équilibré.
2. Quels sont les symptômes ?
2.1 - Atteinte des nerfs périphériques — une progression logique
La neuropathie n'atteint pas tous les nerfs en même temps. Les premières fibres touchées sont les plus fines, celles qui transmettent la douleur et la température. Elles génèrent brûlures et fourmillements. Puis ce sont les fibres du toucher qui vont provoquer progressivement l'engourdissement et la perte d'équilibre.
Ceci explique le paradoxe apparent suivant: on peut souffrir et ne plus rien sentir en même temps, selon quelles fibres sont altérées. Ces symptômes sont le plus souvent localisés aux extrémités — pieds et mains — comme à l'intérieur de gants ou de chaussettes.
La perte de sensibilité est dangereuse
Une blessure au pied peut passer inaperçue, s'aggraver silencieusement, et devenir difficile à cicatriser — d'autant que le diabète fragilise aussi les vaisseaux sanguins. Une lésion typique est le mal perforant plantaire : un petit « trou » indolore sous le pied, souvent ignoré. Dans les cas les plus graves, une amputation peut être nécessaire. L'examen régulier des pieds est donc essentiel.
2.2 - Atteinte des nerfs autonomes
Selon les organes touchés :
Troubles digestifs : ballonnements, diarrhée, constipation, reflux
Troubles urinaires : difficulté à uriner ou fuites
Troubles sexuels : difficultés d'érection, sécheresse vaginale
Malaises au lever : chute de tension en se redressant
Troubles du rythme cardiaque : accélération ou irrégularité
3. Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose sur trois éléments, dans cet ordre.
3.1 - Présence d'un diabète — connu ou parfois découvert à l'occasion des symptômes. C'est le socle indispensable : sans diabète, on ne peut pas parler de neuropathie diabétique. Il arrive que ce soit la neuropathie elle-même qui révèle un diabète de type 2 méconnu depuis plusieurs années.
Neuropathie diabétique
26.02.2026 - Dr RAULT
3.2 - Symptômes décrits par le patient, leur localisation et leur évolution dans le temps. Le questionnaire DN4 (10 questions simples) aide le médecin à identifier une douleur neuropathique avec une bonne fiabilité.
3.3 - Examens complémentaires qui confirment et quantifient l'atteinte nerveuse.
- Monofilament : un petit fil appliqué sur la peau pour tester la sensibilité au toucher
- Tests thermiques : tubes d'eau chaude et froide pour évaluer la sensibilité à la température
- Test à l'aiguille : pour tester la sensibilité à la douleur
- Électromyogramme (EMG) : mesure la vitesse de conduction des nerfs. Attention : il peut être normal en début de maladie, car il n'évalue que les grosses fibres. Un EMG normal n'exclut donc pas une neuropathie débutante.
4. Comment traiter ?
4.1 Prévenir avant tout
Le meilleur traitement reste la prévention : équilibrer rigoureusement son diabète ralentit ou stoppe l'évolution de la neuropathie. Cela passe par un meilleur contrôle de la glycémie (adaptation des doses d'insuline, alimentation, activité physique), et par la prise en charge des facteurs de risque associés (tension artérielle, cholestérol, tabac).
Le contrôle du diabète et celui de la douleur sont deux objectifs distincts, à traiter en parallèle.
4.2 Traiter les complications selon l'organe concerné
Chaque manifestation se traite de façon ciblée :
Blessure du pied → pansements spécialisés, suivi podologique
Problèmes urinaires → médicaments régulateurs de la vessie
Tension artérielle → antihypertenseurs
Troubles digestifs ou sexuels → traitements adaptés à chaque cas
4.3 Soulager la douleur neuropathique
Plusieurs articles du site traitent ce sujet
5. Dimension psychologique et éducation thérapeutique
5.1 - Vivre avec une douleur chronique a un retentissement émotionnel réel. Dépression et anxiété sont fréquentes et elles amplifient la perception de la douleur. Leur dépistage et leur traitement font partie intégrante du traitement
5.2 - L’activité physique adaptée est un traitement à part entière : elle améliore le contrôle glycémique, réduit la douleur perçue, préserve la mobilité et l'équilibre, et peut favoriser une certaine régénération nerveuse.
5.3 - L’éducation thérapeutique du patient (ETP)
Mieux comprendre la maladie et ses mécanismes
